La gouvernance démocratique en temps de Méga-crises

Reconstruire nos communautés et s’appuyer sur nos citoyens

par Geraldine J Fraser-Moleketi

Directrice, Groupe de Gouvernance Démocratique PNUD

Lausanne 6 juillet 2011  

 

Les crises ont ouvert la voie au changement et ont montré la voie d’un progrès aux bénéfices des peuples, à la fois au sein du gouvernement et de la gouvernance. Les exemples abondent. Les crises ont été bénéfiques à chaque fois que les peuples et les gouvernements ont pris la peine d'explorer les leçons qu'ils peuvent en tirer et écouter les messages se font très clairement entendre. Mon objectif dans cette conférence est d'ouvrir un débat, qui peut faire la lumière sur la nature de la crise actuelle et donner un sens à la direction que nous, au PNUD,  mais également d'autres organisations et les gouvernements en général, seraient bien avisés de suivre.

Le document suggère que, au cœur du problème, se trouve un modèle de gouvernance qui a  échoué. C'est ce qu'on appelle le « business model » ou le modèle de marché de la gouvernance, car il cherche à imposer, sur le gouvernement, les méthodes, mais aussi les valeurs et les normes de l'entreprise privée. Il reposait sur l'hypothèse que le gouvernement est, par définition, moins efficace que le secteur privé, car il "est isolé de la rigueur du marché" (S. Ellington 2011:139) et trop protégé pour son propre bien. Cette hypothèse arbitraire a lancé une offensive sur le gouvernement, qui continue toujours, dans certains endroits. Cette attaque a été principalement dirigée contre l'État administratif, qui a vu la lumière du jour pendant la Grande Dépression et prospéré dans le sillage de la reconstruction d'après-guerre, la décolonisation et les efforts de développement, dans les années 1950 et 1960.