PRIORITE AUX PRIORITES:
Une volonté politique durable pour changer la gouvernance publique
Conférence Braibant, Helsinki, 9 July, 2009
Derry Ormond
Résumé
Les crises et l’instabilité des Etats démontrent une fois de plus, et de façon criante, le besoin vital de porter une attention suffisante aux institutions publiques et ce avant que les difficultés ne surgissent. Sans une structure de gouvernance publique au moins capable de répondre aux besoins actuels et futurs, il est impossible de mettre en place des programmes et politiques qui touchent à l’intérêt public, le monde en pâtit, le citoyen souffre. Les priorités sont reléguées au second plan.
Aujourd’hui, en ce début de 21ème siècle, ces truismes sont plus valables que jamais, et le besoin d’y accorder une attention réelle, experte voire visionnaire, plus pressant que jamais. Cela n’exige pas qu’une capacité technocratique mais requiert également une attention et une volonté politiques durables pour assurer des institutions résolues, fortes et adaptables nécessaires pour faire face à la combinaison impressionnante de problèmes qui touchent les états individuellement et, pour la première fois, l’ensemble de la planète.
Cet article résume d’abord cette problématique qui lui sert de point de départ. Il ne tente pas de définir de façon systématique ce que couvrent la gouvernance publique et les institutions publiques – ceci est propre à chaque état et varie selon les traditions et perceptions de chacun –, mais cite brièvement certains des besoins clés de la gouvernance dans le contexte actuel. La problématique de base dont il est question ici est cependant commune à tous : à savoir que les acteurs et décideurs politiques ont peu d’intérêt professionnel ou personnel à envisager les adaptations et réformes institutionnelles nécessaires dans leur globalité avant qu’elles ne soient réalisées. Pour progresser à cet égard, il faut davantage inciter et pousser à actualiser les politiques à temps. L’article émet enfin neuf propositions pour remédier à cette difficulté centrale qui, même si elle tend à se tenir dans l’ombre, mine fondamentalement notre capacité à gouverner.
- Dresser un agenda : des conseils nationaux indépendants pour fixer l’attention des gouvernements sur les priorités en matière de réforme de la gouvernance publique.
- Une voix indépendante, neutre et internationale : proposer des points de vue reconnus, qui font autorité et impartiaux.
- Des cercles de paires en matière de réforme : interaction et un soutien mutuel entre paires de haut statut.
- Comparaison des indicateurs et informations à l’échelle internationale : favoriser la transparence et encourager les progrès et les initiatives.
- Conseil consultatif interprofessionnel : mobiliser, canaliser et entendre de façon différenciée les forces en présence.
- Forum de fondations : pour alimenter une source externe et grandissante d’expertise.
- Rapport aux media et groupe d’action : exprimer de façon responsable les non-dits, communiquer sur les actions innovantes et mettre en valeur le positif.
- Echanges sur la formation des jeunes aux institutions de l’Etat : poser les fondements de la connaissance : que font les gouvernements, qu’est-ce que la citoyenneté, pourquoi l’intérêt public est-il primordial ?
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Une distinction reconnue mondialement : une prix Nobel récompensant les contributions les plus marquantes pour améliorer la gouvernance publique.